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Monday, November 2, 2009

Les élections sont une pure mascarade

http://www.humanrights-geneva.info/Tunisie-Les-elections-sont-une,6706


7 octobre 09 - L’avocate tunisienne Radhia Nasraoui dénonce la répression et la torture du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali. Les élections présidentielle et législatives se tiennent le 25 octobre prochain.
Frédéric Koller/Le Temps - Cela fait vingt-deux ans que Zine el-Abidine Ben Ali dirige la Tunisie. Et de l’avis de tous les observateurs, la campagne électorale (présidentielle et législatives) qui débute en fin de semaine se soldera le 25 octobre prochain par un mandat supplémentaire de cinq années. « C’est une pure mascarade, l’opposition est verrouillée, la presse muselée, le droit de réunion suspendu », explique l’avocate tunisienne Radhia Nasraoui. La présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie, de passage à Genève, qualifie la situation dans son pays de « pire que jamais, pire encore que sous la dictature de Bourguiba ».

Mari tabassé

Hamma Hammami, le porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie, et époux de Radhia Nasraoui, a ainsi été tabassé par la police la semaine passée alors qu’il posait le pied sur le tarmac de l’aéroport de Tunis. Son crime ? Il venait d’appeler au boycott des élections dans une interview accordée à Al-Jazira et France 24 lors d’un déplacement à Paris. La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) regrette qu’« une fois encore les voix dissidentes soient systématiquement rappelées à l’ordre et que le pouvoir en place n’hésite pas à recourir à tous les moyens, y compris à la violence ».

Parmi les neuf partis en lice pour les législatives, seul le parti de Ben Ali a pu valider ses listes dans l’ensemble des circonscriptions du pays. L’opposant Mustapha Ben Jaafar, fondateur du Forum démocratique pour le travail et les libertés, a pour sa part été écarté de la course. Il a appelé lundi à voter pour le « seul candidat sérieux » de l’opposition, Ahmed Brahim, le chef d’Ettajdid (Renouveau, ex-communiste).

Radhia Nasraoui estime que « plusieurs centaines de prisonniers politiques » croupissent dans les geôles de Ben Ali. Parmi eux des militants de gauche, des syndicalistes et « beaucoup de jeunes qualifiés de salafistes ou terroristes ». Les conditions de détention seraient très dures : « Toute personne arrêtée en Tunisie est torturée. La torture est quotidienne, c’est une méthode de gouvernement. Elle est destinée à obtenir des aveux, à terroriser, à casser les opposants. »

Soutien de Sarkozy à Ben Ali

Selon la militante des droits de l’homme, cette lutte affichée contre le « terrorisme » assure à Zine el-Abidine Ben Ali une impunité aux yeux de l’Occident. « En Tunisie, on dit que sans le soutien des Etats-Unis, de la France et de l’Italie, Ben Ali n’aurait jamais été au pouvoir. »

Aujourd’hui, l’avocate, qui est membre de l’ordre, ne se sent plus protégée contre les violences policières. La raison ? « Les médias occidentaux ne parlent plus de nous, ni de la répression. Il y a un vrai changement depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Sarkozy soutient à fond Ben Ali. Sarkozy veut contrôler les médias, donc il n’autorise pas les chaînes françaises à en parler. » La militante reconnaît qu’il y a encore des exceptions, comme France 3. Mais du coup, les Tunisiens se tournent de plus en plus vers Al-Jazira ou YouTube pour entendre une autre voix.




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